Depuis 2012, la face arrière du décor de la carte postale des Maldives n’est plus un secret pour personne. Sa politique intérieure avait suscité une énorme vague d’indignation parmi les médias et les opérateurs de voyages du monde entier. Récemment, le vent tourne pour les Maldiviens, un espoir pour cette petite république de l’Océan Indien dont 40% de son PIB provient du tourisme sur ses atolls, communément appelés « les îles hôtelières ». Enquête sur la révolution politique et écologique qui augure de demain heureux…

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Ibrahim Mohamed Solih, nouveau président des Maldives élu fin 2018, affiche des ambitions sans détour : mettre fin à la charia, revoir la gestion des déchets, restaurer les droits humains. Ces engagements n’ont pas échappé à la collection d’hôtels de luxe pour familles Little Guest, particulièrement attentive à la situation de l’archipel après avoir entendu le appel au boycott de cette destination de rêve. L’homme d’État portera-t-il ce renouveau tant espéré dans le pays le plus prisé par les voyageurs aisés ?
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ÉLECTION D’UN PRÉSIDENT PROGRESSISTE
L’ espoir d’une nouvelle démocratie
Le 17 novembre 2018, les habitants des Maldives ont porté à la présidence Ibrahim Mohamed Solih, 57 ans, avec 58 % des suffrages. Ancien membre de l’opposition au régime inflexible de Maumoon Abdul Gayoom, trente ans de règne et de répression sur le pays, Solih s’est fait connaître en fondant le Parti Démocratique en 2003. Le soir de son élection, il annonce la couleur : réformer en profondeur le système législatif, la justice et les droits de l’homme, abolir les lois répressives et garantir à tous l’accès équitable aux biens publics. Il exprime aussi le souhait de réintégrer le Commonwealth, organisation fondée sur la primauté du droit et le respect des libertés individuelles.
« L’abolition de la charia, une meilleure gestion des déchets et le retour des droits humains sont ce que promet Ibrahim Mohamed Solih, le nouveau président des Maldives. »
Ce changement marque une rupture nette avec un passé politique trouble et instable. Dictature, atteintes répétées aux libertés fondamentales, charia omniprésente : le pays préoccupait de plus en plus les grandes organisations internationales. En 2012, elles exhortaient déjà les opérateurs touristiques à boycotter la destination paradisiaque la plus populaire pour les vacanciers riches.
La fin d’un régime autoritaire salafiste
Moins d’un an avant l’arrivée de Solih, le pays vivait encore sous la coupe de l’ancien président Abdul Yameen : opposants jetés en prison, système judiciaire gangrené par la corruption, rétablissement de la charia en 2014 avec des mesures brutales. On parle ici de flagellation publique pour les femmes suspectées d’adultère ou de relations hors mariage, mariages forcés pour des jeunes filles dès 9 ans, et même application de la peine de mort pour les enfants à partir de 7 ans, pour des faits allant du vol à l’apostasie ou à la consommation d’alcool.
Ce climat a provoqué une onde de choc dans les médias internationaux et mis en alerte les groupes hôteliers présents sur les atolls. Sir Richard Branson, milliardaire à la tête de nombreux hôtels familiaux de luxe, a ouvertement menacé de retirer les activités du groupe Virgin de l’archipel si la peine capitale contre les mineurs était maintenue.
Le Conseil européen révoque les sanctions
Depuis l’alternance présidentielle, le pays a entrepris un virage radical. Solih a lancé des enquêtes sur la corruption et les détournements qui ont marqué la présidence Yameen, libéré les prisonniers politiques et invité les opposants exilés à rentrer. Des législatives démocratiques et pacifiques se sont tenues à Malé le 6 avril 2019.
Ces avancées n’ont pas tardé à produire des effets : le Conseil européen a levé le cadre de sanctions restrictives contre les Maldives, mis en place l’année précédente. Ces mesures visaient les personnes et entités jugées coupables d’entraver l’état de droit ou d’empêcher une solution politique ouverte et inclusive. Elles concernaient aussi les responsables de graves violations des droits protégés par l’Union européenne. L’assouplissement de la position européenne redonne des couleurs à Malé, mais l’archipel reste confronté à un défi de taille : l’écologie, angle mort du boom touristique.

La capitale des Maldives, Malé, figure parmi les villes les plus densément peuplées au monde.
L’ ÉVEIL DES CONSCIENCES ÉCOLOGIQUES
Meilleure gestion des déchets
La gestion des déchets représente un véritable casse-tête pour les Maldives. À ce jour, la République ne dispose pas d’un système de tri fiable, responsable et généralisé. Rien d’étonnant, quand on imagine la difficulté de coordonner une politique unique pour 1 190 îles et 22 atolls, accessibles uniquement par bateau et parfois inhabités. Le recours des anciens gouvernements à la facilité porte un nom : « Thilafushi ». À 20 minutes de la capitale, cette île surnommée « l’île des ordures » reçoit chaque jour plus de 300 tonnes de déchets plastiques, électroniques et industriels. Les employés y brûlent sans relâche des montagnes de détritus, 24 heures sur 24, libérant des vapeurs toxiques dans l’air et les eaux environnantes. Ce désastre pèse lourd sur un environnement aussi fragile.
La population locale prend néanmoins conscience de l’urgence écologique. Dès l’enfance, les jeunes Maldiviens rejoignent des associations œuvrant au recyclage et à la protection de leur terre. Avec l’aide de leurs enseignants et de bénévoles, les écoliers ramassent chaque jour les déchets qui souillent les plages de la capitale.
« Dès leur plus jeune âge, les enfants des îles sont invités à se joindre à des associations locales qui travaillent à la préservation de leurs terres par des actions de recyclage. »
La responsabilité des hôtels des îles
Les Maldives, premières menacées par la montée des eaux, abritent des centaines d’hôtels de luxe dans leurs lagons. Pour préserver leur avenir, les chaînes hôtelières s’impliquent dans la protection des écosystèmes, en particulier la sauvegarde des espèces sous-marines fragilisées. Tortues et coraux paient le prix fort de la surpêche et du changement climatique.
De plus en plus d’hôtels accueillent désormais des laboratoires animés par des biologistes venus du monde entier. Leur mission : expérimenter et développer la greffe de coraux, dont les « pépinières » sont installées sous les bungalows sur pilotis, à l’abri des courants. Cette coopération n’a rien d’anecdotique : les hôtels dépendent directement de la survie des récifs. Si les coraux disparaissent, les vagues, libres de toute entrave, accéléreraient l’érosion du littoral, précipitant à terme l’immersion des atolls.

Aujourd’hui, la quasi-totalité des espèces de tortues marines est en danger d’extinction.
Et maintenant ?
L’ avis de Little Guest par son fondateur et CEO Jérôme Stefanski
« Décembre 2018. J’apprends l’élection d’Ibrahim Mohamed Solih en lisant Courrier International. L’annonce a surpris tout le monde, mais elle ouvre aux Maldives une chance rare de renouer avec un fonctionnement démocratique. En tant que professionnel du voyage, c’est une satisfaction : la population locale vit largement du tourisme et, ces dernières années, beaucoup de nos clients hésitaient à découvrir ce pays magnifique en raison de ce qu’ils lisaient dans la presse. La révolution politique et écologique est lancée, et chacun, à sa façon, peut y prendre part ! » Bruxelles, 24/06/2019
Pour vous donner un aperçu, Little Guest propose de découvrir cette destination où plages de sable fin, cocotiers, eaux cristallines et récifs coralliens composent le décor d’un séjour céleste en famille.
Envie d’un cadre grandiose ? Un hôtel 5 étoiles entouré d’eaux turquoise et de plages immaculées, voilà ce qu’offre l’île des Private Niyama. Elle réunit tout ce qu’on attend d’un coin de paradis. Ici, l’hôtel a saisi l’intérêt d’associer quiétude et bien-être familial. L’atoll se divise en deux îles reliées : l’une, dédiée au calme et à la détente, ravira ceux qui cherchent une échappée en duo; l’autre, dotée d’un mini-club, concentre les activités pour enfants et familles. Cet établissement d’exception veille à satisfaire tous les profils en conjuguant plaisir et relaxation.
Sources : Consilium Europa (1), Le Backpacker, Amnesty International, Le Figaro

Sarah , 27 ans, passionnée de gastronomie italienne et de voyage, de Bruxelles

