À rebours des idées reçues, Gozo affiche un maillage de sentiers balisés nettement plus dense que sa grande sœur maltaise, tout en couvrant une superficie bien plus modeste. Sur l’archipel, une particularité locale : la randonnée reste accessible même sur certains terrains privés, à condition de respecter les chemins tracés et de ne pas empiéter sur les cultures.
Sur place, aucune carte officielle n’émerge des bureaux du gouvernement : le balisage des itinéraires nature revient aux associations locales et aux passionnés, qui esquissent à leur manière les parcours et les points d’arrêt marquants. Résultat ? Des chemins originaux, parfois secrets, qui échappent au regard des visiteurs pressés.
Gozo côté nature : des paysages spectaculaires entre falaises et sentiers côtiers
Parmi les joyaux de la côte sud de Gozo, les falaises de Ta’ Cenc déploient leur silhouette sur près de 6 kilomètres, dominant la Méditerranée du haut de leurs 130 mètres. Ici, le promeneur avance sur un chemin minéral exposé au vent, là où la pierre claire s’élance vers le bleu profond. À quelques pas de là, les falaises de Ta’ Sanap offrent un balcon naturel vertigineux, prisé autant par les faucons que par celles et ceux qui guettent la lumière dorée du coucher de soleil.
Cap au nord, Gozo change de visage. Wied il-Ghasri creuse une gorge étroite dans la roche, attirant autant les marcheurs curieux que les passionnés de plongée en quête de grottes sous-marines. Plus à l’ouest, le site de Dwejra impressionne toujours : le Fungus Rock et la Mer Intérieure, bassin d’eau salée relié à la mer par un tunnel naturel, concentrent toute l’attention. Même effondrée en 2017, l’Azure Window continue d’inspirer ceux qui cherchent des paysages minéraux hors du temps.
L’est, lui, se distingue par des plages singulières. Sur Ramla Bay ou San Blas Bay, le sable affiche une teinte orangée et l’ambiance reste paisible en dehors des périodes de forte affluence. Depuis la grotte de Tal-Mixta, la vue surplombe toute la baie, panorama dont la beauté vaut amplement la montée. Gozo, joyau inattendu au cœur de l’archipel maltais, dévoile ainsi une succession de paysages côtiers où chaque sentier révèle une facette inédite de l’île.
Quels itinéraires et lieux incontournables pour explorer l’île à pied et s’émerveiller ?
Explorer le relief de Gozo prend tout son sens à pied. La marche permet d’appréhender chaque recoin, chaque détail du patrimoine naturel et culturel. Depuis la baie de Xlendi, point de départ apprécié, il est facile de rejoindre les falaises de Ta’ Cenc ou de Ta’ Sanap. Aux premières heures, la lumière sculpte la côte et sublime la mer changeante.
En continuant vers le nord, un itinéraire minéral relie les salines de Gozo à travers Wied il-Ghasri et Wied il-Mielaħ. Le sentier surplombe des criques turquoise et longe des bassins creusés dans la pierre, témoins d’un savoir-faire transmis de génération en génération. Pour un panorama à couper le souffle, la montée vers la grotte de Tal-Mixta s’impose : le regard embrasse alors toute la Ramla Bay et son sable aux reflets cuivrés.
Impossible de randonner sans traverser Victoria (appelée aussi Rabat de Gozo), cœur animé de l’île et carrefour des itinéraires. Une pause s’impose devant la silhouette imposante des Temples de Ġgantija, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Plus loin, les chemins mènent à la basilique de Ta’ Pinu, haut lieu de pèlerinage, ou au site de Dwejra où l’esprit de l’Azure Window plane toujours.
Voici quelques parcours à ne pas manquer pour un aperçu complet :
- Randonnée côtière : Xlendi, Ta’ Cenc, Sanap
- Découverte patrimoniale : Victoria, Ġgantija, Ta’ Pinu
- Exploration nord : Salines, Wied il-Ghasri, Wied il-Mielaħ
La variété des parcours de randonnée et la concentration de sites remarquables offrent aux amateurs de panoramas sauvages et de découvertes culturelles un terrain d’aventure à la fois dense et singulier. Entre falaises abruptes, criques secrètes, vestiges archéologiques et villages attachants, Gozo tisse un itinéraire sans routine ni redite, à l’image de l’archipel tout entier. Impossible de quitter l’île sans l’envie d’y revenir, tant chaque sentier semble promettre une surprise à la prochaine bifurcation.


